Edito et sommaire | Guides et tableaux | La vigne et son environnement | Vin, culture et société | Au RDV des professionnels | Au RDV des consommateurs | A la cave | Entre poison et guérison | Autour du flacon | En dégustant  | A table | La Romandie viticole | Hors de chez nous |









Liste des derniers articles parus....

Archives

Lauriers de Platine 2011: Jean-Luc Blondel et Hugh Johnson

Pour la quatrième édition des Lauriers de Platine, Terravin avait sollicité le patronage d’un grand monsieur du vin, l’anglais Hugh Johnson. Après avoir dévoilé sa vision du vin en Occident, l’auteur aux quinze millions d’exemplaires vendus a participé à la dégustation des Lauriers de Platine qui a couronné la Perle de Jean-Luc Blondel.


Source photographique: Terravin

L’heure de Jean-Luc Blondel
« Tout vient à point à qui sait attendre ! » Voilà ce qu’a dû se dire Jean-Luc Blondel le jeudi 24 novembre lorsqu’il a reçu le coup de téléphone annonçant la victoire de sa Perle 2010 aux Lauriers de Platine Terravin. Ce vigneron de Cully a une certaine expérience dans cette compétition. En 2008, lors de la première édition de ce championnat du Chasselas vaudois, ses deux vins fétiches - La Perle et le Dézaley Côtes des Abbayes – étaient sélectionnés parmi les seize finalistes. En 2009, le même Dézaley arrive troisième de la finale. En 2010, il gravit encore une marche et se classe deuxième. Avec trois autres Chasselas – La Perle, Pré-Lyre et l’Arpège - parmi les seize prétendants à la victoire, Jean-Luc Blondel réussit une magnifique performance. Ce tir groupé laisse sans doute un petit sentiment d’inachevé, car en 2011, avec un unique vin sélectionné, ce passionné de musique n’y croyait pas. D’autant plus que La Perle qui a remporté une médaille d’or au Grand Prix du Vin Suisse 2011, était le seul des Chasselas du domaine à avoir été recalé à la Sélection des Vins Vaudois. Une incongruité que le vigneron attribue à une question de date : «Les vins de Lavaux s’épanouissent en cours de saison, en début d’année ils sont encore très réservés par rapport aux Chasselas d’autres régions.» En novembre, pas de doute, La Perle avait troqué sa réserve pour de l’élégance et de la minéralité, les deux piliers sur lesquels est bâti ce vin à la robe pâle presque cristalline. Les notes de pierre à fusil transparaissent déjà dans le nez fruité et complexe, avant de nimber d’une élégance délicate une bouche rectiligne ainsi qu’une finale à la persistance remarquable. Et remarquée par les jurés des Lauriers de Platine !
La qualité, un choix patiemment construit
Jean-Luc Blondel reste modeste et considère que : « les concours recèlent toujours une part de chance. » Néanmoins, les producteurs à pouvoir revendiquer trois participations à la finale des Lauriers de Platine Terravin en quatre éditions ne courent pas les rues. Ici, pas de recette miracle, mais la détermination opiniâtre de tirer le meilleur des magnifiques parcelles familiales au cœur de Lavaux. Car le domaine Blondel-Duboux, s’est formé autour de deux représentants de familles vigneronnes traditionnelles. L’arrière-grand-père de Jean-Luc a été le premier à travailler les terrasses du lieu-dit La Perle à Epesses, alors que Francine, sa femme, membre de la dynastie Duboux qui revendique quatorze générations a amené dans le panier commun des vignes des lieux de production Epesses, Calamin et Dézaley.
Secondé par François Meylan, œnologue discret au talent reconnu, Jean-Luc Blondel estime que : « pour gagner en qualité, il faut faire les travaux de vigne de bonne heure, quitte à engager du personnel supplémentaire si nécessaire. Cette précocité lors des effeuilles ou des vendanges en vert permet de concentrer très tôt les forces vives de la plante vers les grappes que l’on a sélectionnées.» Minutie à la vigne et vinification peu interventionniste se combinent à un positionnement réfléchi en termes de commercialisation : « Il n’y a pas et il n’y aura pas de vins du Domaine Blondel-Duboux en grande surface. Les vins d’un vigneron-encaveur doivent rester exclusifs. Un fois référencées en supermarché, les marques, même reconnues, perdent de leur appel. Je préfère vendre du vrac plutôt que des étiquettes bas de gamme. » Mais que les amateurs se rassurent, avec une production moyenne de 13'000 bouteilles, La Perle n’est pas un Epesses confidentiel. Et, au pire, le 2011 – pour lequel Jean-Luc a limité la récolte comme jamais – devrait combler les retardataires.

Le siècle d’Hugh Johnson
Ecole Hôtelière de Lausanne, le 23 novembre 2011… Tout le gratin du vignoble vaudois est présent pour écouter Hugh Johnson. L’auteur de Wine et de l’Atlas Mondial du Vin a marqué plusieurs générations d’amateurs et de professionnels. Constamment réédités, ses livres constituent toujours une source inépuisable de renseignements sur le vignoble de la planète. Plutôt que de résumer une telle œuvre en quelques heures, Hugh Johnson a préféré développer quelques idées à la base de sa vision du vin en Occident. Premier constat : « Malgré les tentatives des campagnes de communication et les gourous du vin, le goût global n’existe pas, pas plus que le bon goût. » Conséquence directe : les Sauvignon – « Those of New Zealand are boring me to death ! » - et les Cabernet gâchent de nombreux vignobles qui, à l’image de la Suisse, ont la chance de posséder des cépages autochtones et des manières de travailler originales. Deuxième constat : « La technologie a plus modifié le monde du vin ces cinquante dernières années que durant les deux siècles précédents ! » Cette évolution a permis le développement des vignoble du Nouveau-Monde qui, pénalisés par un climat trop chaud, ont besoin d’installations techniques permettant de gérer les températures de fermentation. Troisième idée de base : « Le vin se boit !  La dégustation n’est qu’une étape, un bon cru doit faire ses preuves à table. S’il donne aux convives l’envie d’ouvrir une seconde bouteille, il mérite alors le qualificatif de très bon !» Ce qui implique que la sapidité et la digestibilité doivent rester ou redevenir les maîtres-mots des crus de qualité.
Avouant un faible pour « les vins qui ont de la conversation, mais ne crient pas » Hugh Johnson a qualifié de « révélation » la dégustation des Chasselas sélectionnés aux Lauriers de Platine bien qu’il ne croie pas à la diffusion internationale du cépage lémanique «trop sophistiqué et pas assez facile d’approche». Son conseil : « N’essayer pas d’exporter vos Chasselas, buvez-les ! »

Cet article est paru dans Le Guillon, la Revue du Vin Vaudois n° 40 de mars 2012.

Alexandre Truffer
RomanDuVin.ch 2012


[17/03/2012]


Liens
Terravin


  ENVOYER A UN AMI       IMPRIMER
 VOTRE AVIS SUR CET ARTICLE :
faible   moyen   bon   excellent   >>>>
  
Rechercher dans le site
  


Première visite
RomanDuVin.ch
Partenaires et liens
Droits de reproduction
Publicité
Anciens numéros
Dans la presse
Petites annonces
RomanDuVin.TV
Agenda
Plan du site
Concours
Contact

Missive   

Château de Châtagneréaz - Premier Grand Cru







Classement de sites - Inscrivez le vôtre!