Edito et sommaire | Guides et tableaux | La vigne et son environnement | Vin, culture et société | Au RDV des professionnels | Au RDV des consommateurs | A la cave | Entre poison et guérison | Autour du flacon | En dégustant  | A table | La Romandie viticole | Hors de chez nous |









Liste des derniers articles parus....

Archives

Sideways ou comment faire aimer le vin californien



5 nominations aux Oscars, lauréat du meilleur film et du meilleur scénario aux Golden Globes, prix de la meilleure adaptation aux Academy Awards, Sideways n’est pas passé inaperçu. Alexander Payne a plutôt bien réussi son coup. Après un Monsieur Schmidt qui a valu un Golden Globes à Jack Nicholson, le réalisateur s’est à nouveau attelé au road movie en s'attendrissant cette fois-ci pour les «boire et déboires» d’un acteur dépassé (Jack alias Thomas Haden Church) escorté par un écrivain raté (Miles interprété par Paul Giamatti). Le scénario est simple: le futur époux d’une bourgeoise arménienne et son témoin parcourent la vallée de Santa Ynez, en Californie, une semaine avant le mariage dans le but de prendre du bon temps et de ramener du vin pour la fête. Pas de quoi tomber à la renverse, n’est-ce pas? Pourtant, le film a fait saliver des millions de spectateurs tout en stimulant sensiblement les ventes de Pinot Noir californien. Quels sont donc les ingrédients miracles utilisés par Payne?

Le réalisateur s’attache d’abord à la photographie. L’utilisation de filtres, qui permet une impression d’image délavée du style années 70, donne un caractère particulier à Sideways. On se croirait devant un vieil épisode de La clinique de la Forêt Noire ou de Derrick. Ensuite, l’ambiance musicale, due à Rolfe Kent, accentue le côté décalé du long métrage et accompagne les acteurs dans leurs émotions. Ainsi, on passe d’une musique d’ascenseur (ou d’attente au téléphone, selon l’appréciation) détendue, à une mélodie façon série télévisée plus rythmée pour terminer sur un air mélo. De même, Alexander Payne nous fait découvrir les paysages magnifiques de la Californie au travers de panoramiques, travellings et surtout en insérant une sorte de diaporama qui n’est pas sans rappeler les techniques publicitaires: sur un fond noir, 2 écrans, puis 4 apparaissent avec au départ un même film suivi de 4 différents. Il s’agit ici de présenter les diverses étapes de la fabrication d’un vin, les animaux du coin et les plaisirs de la dégustation. Les écrans se croisent et se séparent prouvant la diversité et l’intérêt de la région. Cet intermède, qui ressemble étrangement à une publicité pour touristes, paraît avoir eu son petit effet.

Sideways n’a rien de politiquement correct: Jack est un acteur grossier, coureur de jupon, qui ne respecte ni son ami, ni sa future femme, ni ses maîtresses. Il ne pense qu’au sexe et boirait n’importe quel nectar dès lors qu’il est persuadé d’arriver à ses fins. Miles a beau avoir des yeux de cocker, il n’hésite pas à voler sa mère, se saouler dans un fast food, mentir en permanence et surtout, il fait des mots-croisés en conduisant. Il adore le Pinot Noir et n’aime pas la manière américaine de travailler les Chardonnay. En aparté, les couples fétichistes copulent devant des documentaires sur G.W. Bush, les mères de famille fument du H et les grands-mères regardent Hitler à la TV. Donc, en résumé, dans Sideways, on boit, on fume, on mange, bref, on vit! Le puritanisme et le manichéisme sont balancés aux orties. Pas de leçons de bonne conduite, chaque personnage est rendu sympathique grâce à ses imperfections. Le burlesque de certaines situations et le pathétique qui en résulte contribuent à l’empathie du spectateur.

En outre, le film se veut didactique. Il semble en effet que le réalisateur ait cherché à montrer comment on peut apprécier le vin et la gastronomie. Les fondus enchaînés sur les visages ravis des dégustateurs, sur les plats qui se suivent, sur les verres toujours remplis sont une ode à la bonne chair. Le vin est le roi de toutes les séquences, de tous les moments de l’existence. Les femmes le connaissent et l’apprécient, ce qui ne gâche rien à l’anticonformisme de Sideways (traduction française: de côté, obliquement, de travers, latéralement). Maya (Virginia Madsen) considère d’ailleurs le vin comme un être vivant. Elle en parle d’une manière troublante qui séduit définitivement Miles.

Vous l’aurez compris, ce film est terriblement humain! De plus, Payne présente clairement une publicité pour la région de Santa Ynez. Le spectateur est poussé à s’identifier aux personnages et à désirer consommer. Il n’est pas anodin que le goût prononcé d’un pauvre type pour le Pinot Noir donne envie aux Américains de visiter les caves californiennes. Si l’on émet l’hypothèse que le nectar va un jour ou l’autre tuer Miles, son amour pour le vin lui aura en tout cas donné le courage de fuir une existence malheureuse. Merci, cher Pinot Noir…

Sources bibliographiques:
http://www.sideways-lefilm.com/
Sideways, Alexander Payne, DVD: zone 2 PAL, 126 minutes environ, sous-titres: néerlandais, français, anglais, langues: français, anglais, 16/9-1.85:1, DVD-Video, 2005 Twentieth Century Fox Home Entertainment

Virginie Jobé
                                              ©RomanDuVin.ch 2005



[14/12/2005]


Articles liés
Le DVD de Sideways
Liens
Site officiel du film


  ENVOYER A UN AMI       IMPRIMER
 VOTRE AVIS SUR CET ARTICLE :
faible   moyen   bon   excellent   >>>>
  
Rechercher dans le site
  


Première visite
RomanDuVin.ch
Partenaires et liens
Droits de reproduction
Publicité
Anciens numéros
Dans la presse
Petites annonces
RomanDuVin.TV
Agenda
Plan du site
Concours
Contact

Missive   

Cave St-Pierre SA Chamoson







Classement de sites - Inscrivez le vôtre!