| Une leçon de cinéma: Mondovino
Mondovino, «saga des successions dans le monde du vin», est un documentaire captivant que l’on soit amateur de grands crus et/ou de cinéma. Caméra numérique à l’épaule -le côté «Dogma» (exemple: Festen de Thomas Vinterberg), c’est-à-dire une image continuellement instable, oscillante, le trépied étant banni, sera apprécié ou pas- le réalisateur/sommelier/journaliste/peintre Jonathan Nossiter nous fait entrer dans l’intimité des acteurs internationaux d’un milieu très fermé sans basculer dans l’élitisme. Le film s’adresse à tout spectateur, aussi bien à celui désireux d’approcher la communauté viticole qu’à l’adepte du verre à pied. Chaque personnage est présenté clairement par l'intermédiaire de textes incrustés, qui offrent des informations sur son nom, son métier et son lieu de travail. De manière identique, les domaines sont annoncés par leur nom, leur appellation d’origine et le nombre d’hectares qu’ils renferment. Le documentariste a décidé de donner la parole aux tenants du marché, aux petits producteurs, aux viticulteurs, aux œnologues, au nord comme au sud du continent américain, en Italie, en Angleterre ou encore en France. Pas de traces cependant de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou de la Suisse dans cette œuvre. Peut-être ces pays apparaîtront-ils dans une suite ?… Nossiter précise dans le dossier de presse lié au film : «J’ai essayé d’éviter tout manichéisme entre les bons et les méchants, et de faire un film qui donne une vision à la fois farouchement engagée, mais aussi farouchement tolérante, positions que j’espère avoir héritées de mon père journaliste. » Quand on sait que la sélection des images s’est faite parmi des centaines d’heures de pellicule (300 à 500 selon les sources), on imagine la difficulté de la tâche à accomplir et, bien évidemment, l’importance accordée à certains événements plutôt qu’à d’autres. Un film, même documentaire, n’est jamais innocent. La façon de filmer, un cadrage préféré à un autre, l’intérêt donné au son plutôt qu’à l’image ou inversement, le choix des paroles citées, des gestes et des situations montrés, le montage effectué, etc., ces divers outils confèrent une orientation au documentaire. Le réalisateur, bien qu’il soumette tous les partis en présence au spectateur, ne reste pas neutre face à un bon ou à un mauvais accueil, ce qui crée d’ailleurs le richesse du propos. RomanDuVin.ch vous propose donc d'aborder le film de plus près afin d’essayer de comprendre comment le cinéaste arrive à donner des couleurs désirées aux personnages et comment son message, finement amené, passe grâce à la maîtrise du langage cinématographique. L’œuvre foisonnant de moments piquants, notre analyse s’étalera sur trois numéros avec un dossier thématique par mois. Découvrez sans plus attendre notre premier chapitre, Arrêt sur personnages, et ses acteurs: Si vous désirez explorer d’autres finesses de Mondovino, laissez-vous tenter par La preuve du contraire! avec: Michel Rolland versus Aimé Guibert, le bouffon technologique contre le preux métaphysicien Pour terminer l’analyse du documentaire, nous vous proposons d’accéder au chapitre Moments choisis: La flatulence selon saint Parker, roi des critiques de vins Sources bibliographiques: Virginie Jobé |
[05/12/2005]
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