Panorama de l’exportation suisse

Parc Pairi Daiza, Bruxelles Photo: Alexandre Truffer

Parc Pairi Daiza, Bruxelles
Photo: Alexandre Truffer

Avec ou sans la SWEA des domaines suisses exportent. Nous avons demandé à quelques-uns de ces producteurs actifs sur le marché étranger combien, où, quand, comment et avec quelles perspectives.

Château d’Auvernier (Yann Künzi)
Combien? : entre 10’000 et 15’000 bouteilles, soit 2 à 3 % de la production annuelle
Où? : USA, Benelux, Japon, Canada
Depuis quand? : avant la Deuxième Guerre Mondiale, nous avions un importateur en Allemagne, du nom de Dreyfuss. De confession juive, il a quitté le pays avant la guerre pour la France, puis s’est exilé aux Etats-Unis, mais il est toujours resté fidèle au Château d’Auvernier.
Comment? : nous bénéficions des conseils de la SWEA, mais travaillons nos marchés historiques de manière régulière.
Avec quel futur? : en toute objectivité, je pense que nous allons rester assez stable. Le franc fort nous rend les choses difficiles en Europe et les marchés plus éloignés demandent de très gros investissements.

Frères Dubois (Grégoire Dubois)
Combien? : moins de 1% de la production, soit environ 3 000 bouteilles.
Où? : Etats-Unis, Angleterre et Allemagne, ainsi que diverses ambassades.
Depuis quand? : depuis plusieurs décennies.
Comment? : nous sommes membres de la SWEA, ce qui permet de simplifier certaines démarches. Ainsi pour les vins destinés aux ambassades, nous pouvons utiliser des bouteilles en 70 cl puisque le courrier passe par la valise diplomatique.
Avec quel futur? : ces marchés de niche représentent peu de volume, mais une grande valeur ajoutée. Si nous sommes à Düsseldorf, c’est pour les renforcer.

Domaine de la Croix-Duplex (Simon Vogel)
Combien? : 1 500 bouteilles
Où? : Chine et Finlande
Depuis quand? : 2012
Comment? : notre marché chinois s’est ouvert grâce à un passionné qui veut se lancer dans l’exportation de vins suisses à Shangai.
Avec quel futur? : dans 10 ans, j’aimerais exporter 10% de ma production. Pour nous, c’est une chance que des Suisses aient été remarqués par le Wine Advocate, qui reste la référence pour énormément de consommateurs.

Domaine Henri Cruchon (Michel Cruchon)
Combien? : moins d’un pourcent de la production (300’000 bouteilles selon le Guide des vins suisses).
Où? : Hollande et France.
Depuis quand? : une dizaine d’années.
Comment? : nous avons fait pas mal de salons, y compris des salons bio, mais avec un retour plutôt faible. Mais j’espère que cela va changer, car l’arrivée de Catherine, la fille de Raoul, dans l’entreprise va permettre de développer cet aspect des choses.
Avec quel futur? : prometteur, mais non quantifiable.

Badoux Vins (Kurt Egli)
Combien? :  1% de la production d’Aigle les Murailles (la production de ce vin – plusieurs centaines de milliers de bouteilles – est tenue secrète par l’entreprise )
Où? : Allemagne, USA et Angleterre.
Depuis quand?: depuis plusieurs dizaines d’années.
Comment? : nous sommes membre de la SWEA, mais avons développé nous-mêmes nos marchés à l’export.
Avec quel futur? : nous n’exportons notre Murailles que si nous pouvons obtenir les même prix que ceux que nous avons en Suisse, il semble donc peu probable que nos ventes connaissent une forte croissance à courte échéance.

Cave des Amandiers (Alexandre Delétraz)
Combien? : 1000 bouteilles, soit 7% de la production du domaine.
Où? : en France, chez des cavistes et dans quelques grands noms de la gastronomie.
Depuis quand? : 2011
Comment? : je suis membre des Jeunes Vignerons d’Europe. Nous participons à des salons off (Vinexpo, Avignon) qui permettent de rencontrer des acheteurs intéressants sans investir des fortunes dans des salons officiels.
Avec quel futur? : j’espère arriver à exporter 20% de ma production dans les années qui viennent. Vendre à l’étranger, surtout dans des établissements renommés, permet de créer une renommée qui influe sur la commercialisation de proximité.

Rouvinez Vins (Jean-Bernard Rouvinez)
Combien? : 150 000 bouteilles, soit 3% à 4% de la production du groupe qui comprend les caves Rouvinez, Orsat, Imesch et Bonvin.
Où? : Allemagne, Italie, France et Québec.
Depuis quand? : depuis une vingtaine d’années.
Comment? : les plus gros volumes exportés le sont par le moyen d’Orsat, tandis que les autres entités du groupe se concentrent sur des cuvées plus haut de gamme.
Avec quel futur? : le vin suisse reste un produit de niche, car les gros volumes sont trop dépendants des fluctuations de change. Nous sommes toujours à la recherche de marchés d’opportunité, mais nous désirons surtout exporter des vins qui offrent des marges et que l’on peut reproposer d’année en année.

Cave Jean-René Germanier (Gilles Besse)
Combien? : 30 000 à 40 000 bouteilles, ce qui correspond à 5% environ du chiffre d’affaires.
Où? : Allemagne, Bénélux, USA, Angleterre et Hong-Kong.
Depuis quand?: depuis plus d’une dizaine d’années.
Comment? : nous avons travaillé avec la SWEA, mais aussi en développant des contacts personnels.
Avec quel futur? : l’exportation évolue de manière positive, surtout dans les pays qui ne sont pas producteurs de vin.

Albert Mathier & Fils (Amédée Mathier)
Combien? : environ 15% d’une production estimée à 350 000 bouteilles.
Où? : Allemagne, Benelux, Angleterre.
Depuis quand ?: depuis plus de dix ans.
Comment? : La cave possède une succursale à Berlin qui revend ses vins directement sur le marché allemand.
Avec quel futur? : Nous sommes arrivés à un certain plafond qui ne pourra être crevé qu’avec de gros investissements en temps et en personnel.

Provins SA (David Genolet)
Combien? :  2% et 3% du chiffre d’affaires soit environ 250’000 bouteilles
Où? : en 2012 Provins a exporté dans 23 pays, mais les marchés principaux sont le Benelux, l’Allema et l’Asie (Chine et Japon)
Depuis quand? : un effort particulier à été fait depuis 2001.
Comment? : nous avons toujours été membre de la SWEA, mais depuis 2001, nous avons engagé un collaborateur pour développer l’export, qui travaille depuis 2012 sous mandat.
Avec quel futur? : il est difficile de prédire les évolutions, car certaines négociations durent des années et lorsqu’elles aboutissent, elle permettent de vendre d’un coup des volumes importants.

Domaine de Beudon SA (Marion Granges)
Combien  : 30 %, soit environ 3 700 bouteilles par année.
Où? : USA, Ukraine, Italie, France, Allemagne et Scandinavie.
Depuis quand? : 2004
Comment? : nous avons présenté nos vins, qui sont en biodynamie, dans le cadre de la Renaissance des Appellations de Nicolas Joly, ce qui nous a permis de rencontrer certains importateurs.
Avec quel futur? : le journal le Rouge et le Blanc a réalisé un reportage conséquent sur le domaine à la suite duquel nous avons reçu de nombreuses demandes. Néanmoins, les démarches sont compliquées ce qui empêche de réaliser des prévisions fiables.

Domaine Valentin (Nicolas Ruedin)
Combien? : entre 1500 et 4000 bouteilles
Où? : Japon et Chine
Depuis quand? : 2004
Comment? : en créant un contact avec un importateur japonais à Prowein. Nous avons aussi exporté au Benelux, mais ces marché n’ont pas survécu au franc fort.
Avec quel futur? : nous allons concentrer nos efforts sur l’Asie. Le Japon est un marché fiable, peu sensible aux fluctuations du change. Quand à la Chine, la signature d’accords de libre-échange pourrait accélérer considérablement les choses.

Cet article était intégré dans le dossier sur l’exportation des vins suisses paru dans l’édition de mai 2013 de VINUM.

About the Author:

Journaliste indépendant et créateur de RomanDuVin.ch, Alexandre Truffer écrit régulièrement pour Le Guillon, la revue des vin vaudois, Terre & Nature et VINUM, le magazine européen du vin.

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