| De l’avis des experts |
|
Dans les années 1980, Placide Fontannaz écrivait que: «L’origine de ce cépage est assez obscure. Bien que son étiquette apparaisse dans le commerce depuis un quart de siècle à peine, son implantation dans notre vignoble semble très ancienne.» Mais, il était déjà clair pour lui que les deux Humagne n’ont aucun lien en commun, si ce n’est celui de la synonymie. A ce propos, Wikipedia explique que: «La dénomination Humagne Rouge est impropre; elle est due à une ruse commerciale d'un vigneron valaisan cutivateur d'Ouriou qui, devant l'insuccès de ses ventes, rebaptisa Humagne Rouge ce cépage pour profiter de l'excellente réputation de l'Humagne Blanche connue comme le vin des seigneurs et des évêques, ainsi que comme le «vin des accouchées». Concernant l’arrivée de cette variété en Valais, l’encyclopédie en ligne explique que les premiers plants apparaissent au début du XXème siècle, mais qu’il faut attendre les années 1970 pour que la nouvelle venue commence à prendre son essor. Aujourd’hui, sa superficie atteint les cent hectares, ce qui la place au cinquième rang des cépages valaisans: devant le Cornalin, mais derrière le Merlot. Comme pour les autres cépages dits «autochtones», la genèse de la plante a été révélée par les recherches ADN de José Vouillamoz. Ce scientifique qui a bousculé les hypothèses sur la romanité des vins valaisans, explique que l’Humagne Rouge du Valais est identique au Cornalin du Val d’Aoste, lui-même différent du Cornalin qu’on trouve en Valais. La situation se présente ainsi: le Mayolet et le Petit Rouge, deux cépages originaires du Val d’Aoste, ont, il y a fort longtemps, donné naissance au Cornalin du Valais connu comme Rouge du Pays jusqu’à la fin des années 1970. Ce Landroter a lui-même engendré le Cornalin du Val d’Aoste (contrée dont il a disparu depuis quelques années) qui prospère en Suisse sous le nom d’Humagne Rouge. Pour rajouter à la confusion, on peut encore entendre, et lire, la vision de Jean Nicollier qui considérait l’Humagne Rouge comme le nom helvétique du Petit Rouge, appelé aussi Oriou (les analyses ADN ont montré qu’il n’en était que le petit-fils). Quant à cet Oriou, il aurait traversé le col du Saint-Bernard dans les bagages des légionnaires de César. On parle même de 22 avant Jésus-Christ comme date d’entrée. Au milieu de toutes ces histoires contradictoires, deux faits apparaissent clairement. Aujourd’hui, l’Humagne Rouge n’existe plus qu’en Valais. La parcelle du Château de Glérolles étant l’exception qui confirme la règle. En outre, ce cépage fait plus que de survivre dans la région. Il prospère et grignote quelques hectares chaque année. Dans quelque temps, il délaissera son statut de curiosité pour devenir un classique viticole du canton. |
[07/04/2007]
| Articles liés |
| Humagne Rouge |
| Faux noms, surnoms et pseudonymes |
| Informations pratiques |
Truffer Alexandre
©RomanDuVin.ch 2005







