| Faux noms, surnoms et pseudonymes |
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Cette frénésie de changement de la nomenclature des cépages trouve son origine dans trois caractéristiques de la mentalité valaisanne, qui soit isolément soit en se combinant, expliquent la majorité de ces bizarreries linguistiques. En premier lieu, il faut mentionner la coutume d’interpréter lois et règlements de manière assez libre. Dans la région on considère cela comme de la ruse ou de la subtilité, hors du canton, les mauvaises langues utilisent le terme de margoulin. En parallèle, il faut noter le conservatisme d’une partie de la population qui rechigne à modifier certaines habitudes. Enfin, une sorte de complexe qui fait que les changements proposés de l’intérieur sont combattus, alors que les modes venues de loin sont adoptées sans sourciller. Prenons quelques exemples concrets: Le Fendant: Il s’agit du surnom du cépage Chasselas importé de Vaud et de Neuchâtel. Alors, que ces deux cantons suivaient la tendance de l’époque en délaissant le sobriquet pour utiliser la dénomination ampélographique, le Valais conservait l’ancien terme. Le Johannisberg: Lorsque le cépage Rhin entre en Valais, personne n’en a entendu parler. On le baptise donc du nom du prestigieux château allemand berceau des vins liquoreux. L’Ermitage: La Marsanne Blanche subit le même processus. Pourquoi utiliser un terme que personne ne connaît, alors que les vins de la région d’Hermitage ont une réputation déjà établie. Bien sûr, à cette époque les AOC n’existaient pas. La Malvoisie: Ainsi appelle-t-on le Pinot Gris à l’est du Bouveret. Inutile de dire qu’il n’y a aucune parenté avec la Malvasia italienne. Le Cornalin: Comme le nom Rouge du Pays n’a pas un grand attrait commercial, on décide de s’inspirer des Valdôtains qui cultivent un Cornalin ou Cornalino. L’Humagne Rouge: Selon la tradition orale et online, ce nom a été donné par un vigneron astucieux qui ne parvenait pas à vendre un de ses vins rouges. En créant une parenté avec l’Humagne Blanche, rare et prisée, il se serait créé une clientèle fidèle. Le Goron: Vin de seconde catégorie en Valais, il a été baptisé selon un cépage alpin qui n’existe plus que dans les collections ampélographiques. De tels changements ou appropriations s’avèrent aujourd’hui impensables. J’en veux pour preuve, les difficultés du village de Champagne dans le canton de Vaud qui ne peut indiquer la provenance de ses vins sur ses étiquettes. Toutefois, en Valais, les modifications ont été faites avant que n’apparaisse le concept d’AOC. Ce qui explique qu’elles aient pu demeurer dans la législation moderne et qu’elles continuent à entretenir une certaine confusion dans l’esprit de l’amateur non-averti. |
[07/04/2007]
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Truffer Alexandre
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