| Le plus méditerranéen des cépages valaisans |
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Le plus célèbre témoignage de la présence de cette variété méditerranéenne dans notre pays remonte certainement au XVIIIème siècle. En effet, lors de son voyage en Suisse, Goethe indique que du Muscat pousse sur les bords du Lac Léman ainsi qu’à Sion et à Sierre. Par contre, l’écrivain romantique n’apporte aucune précision sur sa provenance. Aujourd’hui encore, impossible de savoir s’il a traversé les Alpes en provenance d’Italie ou s’il a immigré depuis la France en remontant le cours du Rhône. Il semble que, à l’instar de la Rèze, le Muscat ait été largement planté dans les coteaux du Vieux-Pays avant de se faire peu à peu remplacer par le Fendant devenu majoritaire après la reconstitution du vignoble consécutive au phylloxéra. Plusieurs sources en font même un cru de haute qualité comme le remarque François Murisier. Selon le professeur de Changins, «Le grand dictionnaire encyclopédique de 1778 mentionne que la vigne est présente en Valais de Brigue à St-Maurice, qu'on y produit un vin de Muscat exquis et très recherché, mais ne donne pas d'indication sur les surfaces cultivées. Le citoyen Reymondin, dans son remarquable Art du vigneron de 1798, relève que le Valais a un vignoble très considérable, mentionne aussi la qualité reconnue du Muscat, mais également celle de la Malvoisie qui égale les meilleurs vins d'Espagne.» Après une période de raréfaction, le potentiel aromatique du cépage recommence à séduire les vignerons. Depuis une trentaine d’années, sa surface augmente doucement mais de manière régulière. Cette variété fragile et sensible à la pourriture refait désormais partie des spécialités couramment proposées par les caves du canton. Toutefois, bien que le Valais ait un climat propice à l’élaboration des liquoreux et que le Muscat soit à l’origine de nombreux vins doux, les encaveurs locaux le destinent presque exclusivement à la production de vins secs d’apéritif. Une exception toutefois, la Cave la Tine d’Hervé Fontannaz, qui élabore un vin muté régulièrement médaillé, la Chaleur d’automne. Les amateurs de curiosités œnologiques peuvent trouver dans le village de Vétroz une curiosité muscatée unique en Suisse. Il s’agit d’un Muscat Rouge, qui serait peut-être une mutation naturelle de la variété à petits grains du Valais. Ce vin aromatique à la couleur flamboyante est une exclusivité de la cave Labuthe. Son propriétaire, Philippe Buthet, l’a replanté dans les années 1970 en utilisant quelques treilles accolées à la maison. Aujourd’hui, il met en bouteilles la récolte de 2500 mètres carrés et agrandit régulièrement la surface dévolue à cette curiosité. |
[22/08/2006]
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Truffer Alexandre
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