| Muscat, arôme de Rome |
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Bien que les recherches modernes nous indiquent qu’il faille rester prudent au moment d’attribuer des origines antiques aux cépages actuels, tout porte à croire que certains Muscat croissaient et se multipliaient bien avant le début de notre ère. En effet, des sources grecques très anciennes font part de l’existence d’un groupe de végétaux, les «Anathelicon moschaton», qui désigne des plantes donnant chaque année des fruits à la saveur musquée. Quelques siècles plus tard, des écrivains romains spécialisés dans l’agriculture mentionnent les «Uvae apianae» que l’on peut traduire par raisins appréciés des abeilles. Pline l’Ancien recense deux variétés donnant «un vin doux qui prend de l’âpreté avec les années». Columelle, de son côté, signale trois espèces d’Apiana qui produisent «un vin doux, mais dangereux pour la tête et le système nerveux». L’arrivée du Muscat en Gaule se fait certainement durant l’Antiquité. Il est importé soit par des marchands latins qui le plantent dans la Narbonnaise, l’actuel Languedoc-Roussillon, soit par des colons grecs installés à Phocée, la Marseille d’aujourd’hui. Il s’y plaît si fort que les plus grandes appellations de Muscat comme Lunel, Frontignan ou Rivesaltes, se trouvent dans le Sud de l’Hexagone. Peu à peu, il quitte les rivages de la Méditerranée pour remonter vers le nord puis l’est. Durant son voyage vers l’orient, il s’installe en Suisse, en Bohême, en Autriche, en Croatie, en Roumanie et en Russie avant d’atteindre l’Asie Centrale. Une fois sa présence sur le continent assurée, il décide d’explorer les mers et laisse des rejetons sur tous les continents. Sa diffusion mondiale a engendré un certain nombre de variétés locales comme le Muscat Blanc du Valais, le Muscat Blanc Bulgare ou le Muscat Blanc Massandra de Russie. De plus, à côté de ces variétés descendant de la noble variété blanche à petits grains, on trouve deux branches cousines ayant pour ancêtres le Muscat d’Alexandrie, originaire de l’ancienne Egypte et peu subtil, ou le Muscat Ottonel au faible potentiel aromatique, hybride de Chasselas et de Muscat de Saumur. Cette profusion de cépages –plus de 150 recensés pour près de 4400 dénominations- provoque une certaine confusion dans la nomenclature et explique que l’on parle de la famille des Muscat en général. A l’instar des Pinot, notre tribu arbore une très large gamme de couleurs. On trouve ainsi des Muscat Blanc, Jaune, Rose, Rouge et Noir. Dans cette famille aussi métissée, il existe néanmoins un point commun, l’arôme muscaté qui donne nom au cépage. Un bon chimiste pourra vous dire que cette saveur caractéristique provient de substances naturelles, les terpènes, que l’on retrouve dans les raisins de type Muscat. Plus précisément, des études ont montré que le linalol, l’oxyde de linalol, le géraniol, le nérol et le terpinéol sont les principaux composants de l’arôme muscaté. |
[23/08/2006]
| M pour Muscat |
| Informations pratiques |
| Le plus méditerranéen des cépages valaisans |
Truffer Alexandre
©RomanDuVin.ch 2005


