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Une heure avec Raphaël Bennour, importateur français de vin suisse



Crédits photographiques: Rhônalia

Comment avez-vous découvert le vin suisse ?
Par nos connaissances et sur la recommandation de cavistes de Genève notamment, nous avons rendu visite à deux vignerons du Valais : Marie-Thérèse Chappaz et Didier Joris. Le coup de cœur a été immédiat. Pour la région tout d’abord et pour les vignerons ensuite. Une seule visite à Fully suffit pour être conquis par les vins valaisans.

Qu’est-ce qui vous a tant marqué?
Pour un Français qui ne connaît pas le vignoble suisse, la diversité des cépages et leur originalité sont des éléments décontenançants. Cependant, la vraie révélation se trouve dans la bouteille. Un univers de vivacité et de minéralité totalement inhabituel s’est ouvert à nous.

Aimer le vin suisse est une chose. Le commercialiser en France représente un tout autre défi ? Etiez-vous conscients des difficultés?
En décidant de lancer Rhônalia, nous connaissions les difficultés et le renchérissement impliqué par les droits de douane, le différentiel de TVA et les questions de transport. Par contre, nous n’avions pas anticipé la hausse du franc suisse par rapport à l’euro.

Comment ont réagi les vignerons que vous avez sollicités?
Avec beaucoup de curiosité et peut-être un peu de scepticisme au début ! Raymond Paccot nous a dit : « Vous allez devoir prendre votre bâton de pèlerin ! » Il a fallu créer des rapports de confiance sur plusieurs années avec certains pour obtenir quelques bouteilles des grandes cuvées que nous voulions proposer à nos clients.

Quels vins suisses vendez-vous?
Notre sélection se veut très rigoureuse. Nous recherchons des produits porteurs d’une identité,  marqués par la main de l’homme et issu d’une approche respectueuse du raisin à la vigne comme à la cave. En clair, nous voulons le meilleur du vin suisse qui, soit dit en passant, n’est pas forcément très cher puisque notre premier Chasselas coûte dix euros.

Et de quels volumes parle-t-on?
Nous ne cherchons pas à écouler de gros volumes de vins moyen de gamme. Notre but : placer des très beaux produits dans de très grandes tables. Pour l’heure, nous avons une trentaine de clients professionnels parmi la restauration gastronomique et notre boutique en ligne est ouverte à tous depuis 2011. Au final, je dirai que nous écoulons 2500 bouteilles de vin suisse par an sur toute la France.

Les consommateurs français ne sont pourtant pas réputés pour leur ouverture d’esprit.
En France, les particuliers se montrent très souvent fermés par rapport aux vins étrangers. Ce n’est pas le cas des professionnels, ni d’une petite élite de dégustateurs, prêts à toutes les découvertes.

Quels vins suisses vous paraissent avoir le plus de potentiel pour le marché international?
Une chose est sûre, les fleurons du vignoble helvétique sont sous-estimés et sous-cotés. En voyant l’absence de segmentation entre le bas, le moyen et le très haut de gamme, on comprend que le marché suisse est resté strictement indigène. Pour les amateurs de grandes cuvées, c’est une chance, mais les vins courants ne sont absolument pas compétitifs.

Spécialités ou classiques ont-ils le même intérêt pour les consommateurs français?
En Valais, quatre cépages se détachent : Petite Arvine, Humagne Rouge, Cornalin et Syrah. Dans le canton de Vaud, la tendance se nomme Chasselas. En France, le cépage a disparu et par conséquent tous les a priori qui le concernaient aussi. Les gens sont curieux de déguster ces vins minéraux et tendus. Genève est plus difficile à promouvoir, car il est encore difficile d’y trouver une identité distinctive.

On ressent chez vous plus de passion pour les vins helvétiques que chez beaucoup de Suisses.
Nous sommes très fiers des crus que nous commercialisons. Je crois qu’en Suisse, les gens méconnaissent leurs vins et font preuve d’une humilité tout à fait déplacée. Ce « complexe suisse » doit disparaître. En donnant une légitimité à l’externe pour les grandes cuvées suisses, nous espérons contribuer à ce changement de mentalité.

En bref
Créée en 2009, Rhônalia est une entreprise de commerce de vin de la vallée du Rhône qui veut promouvoir des vins à forte identité rhodanienne. Le cœur de gamme se compose de produits traditionnalistes en provenance du Valais, de la région lémanique et de la vallée du Rhône française. Les partenaires, des passionnés de vin ayant une autre activité professionnelle en parallèle, sont au nombre de quatre. Raphaël Bennour, gérant de l’entreprise, est un franco-suisse de 30 ans. Actif dans le milieu bancaire, ce diplômé de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan (Paris) s’est découvert une passion pour le vin il y a une dizaine d’années. A noter que Rhônalia ouvre un premier magasin dès cet automne à Aix-les-Bains, qui sera animé par le sommelier Yoan Portillo.

Cet article est paru dans la rubrique Interview du magazine Vinum (septembre/octobre 2011).

Alexandre Truffer
©RomanDuVin.ch 2011



[30/09/2011]


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